Une association féminine tunisienne appelle à l’adoption d’une loi sur la retraite anticipée pour les femmes.

La présidence de l’Association tunisienne des femmes démocrates a appelé à retirer un projet de loi qui permet aux femmes travaillant dans le secteur privé de bénéficier d’une retraite anticipée à 50 ans, sans condition de maternité, le considérant comme un moyen de résoudre le problème du chômage des hommes.
Dans un communiqué publié ce mardi, l’association a affirmé que le projet de loi, qui a supprimé la condition de maternité pour bénéficier de la retraite anticipée, « compromet » le droit à un travail décent et transforme le « choix » en « mécanisme de pression indirect », surtout compte tenu de la vulnérabilité des femmes travaillant dans le secteur privé. Elle a souligné que « chercher des ‘solutions’ à la crise économique ou au ‘chômage des hommes’ ne peut se faire au détriment des femmes, ni en sacrifiant leurs droits, ni en les excluant du marché du travail ».
L’association a ajouté que le projet de loi « confirme, dans son essence, une approche discriminatoire et dangereuse à l’égard des femmes et de leurs droits économiques et sociaux, s’inscrivant dans un cadre général de politiques et de législations qui cherchent, de manière directe ou indirecte, à ramener les femmes à la sphère domestique… ».
Pour justifier sa position, l’association féminine a également affirmé que le texte proposé « limite le parcours professionnel des femmes en les incitant à quitter prématurément le marché du travail, les privant ainsi d’opportunités de progression de carrière, de promotions, de formation continue et de participation égale à toutes les étapes de l’emploi et de la prise de décision ».
Parmi les raisons évoquées pour le rejet de ce texte, l’association note qu’il approfondit la crise des caisses sociales, en particulier la Caisse nationale de sécurité sociale, en épuisant ses ressources.
Il convient de rappeler que le projet de loi, soumis à la commission compétente de l’Assemblée des représentants du peuple tunisien fin janvier dernier, stipule que « la femme travaillant dans le secteur privé, soumise aux systèmes de sécurité sociale, peut, à partir de son cinquantième anniversaire, bénéficier, à sa demande, d’une pension, à condition d’avoir acquis au moins 80 trimestres de contributions effectives ou l’équivalent, et de cesser définitivement toute activité rémunérée. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire que la femme salariée soit mère de trois enfants ».
Ce nouveau projet de loi vise précisément à lever la condition de maternité, alors que les législations en vigueur en Tunisie permettaient aux femmes travaillant dans le secteur privé de bénéficier d’une retraite anticipée uniquement si elles étaient mères de trois enfants.




