Une colère immense chez les pharmaciens : la Confédération accuse le gouvernement d' »exclure 14 000 pharmaciens » et met en garde contre une menace pour la sécurité médicamenteuse.

La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc a exprimé son rejet ferme de l’approbation par le Conseil gouvernemental du projet de décret n° 2.25.631 relatif à la révision des prix des médicaments, considérant que le gouvernement et le ministère de la Santé et de la Protection sociale ont ignoré les différentes remarques et propositions soumises par la confédération depuis le début du chantier de réforme.
Dans un communiqué adressé à l’opinion publique nationale, la confédération a affirmé soutenir toute réforme visant à réduire les prix des médicaments onéreux, à faciliter l’accès des citoyens aux soins et à garantir la pérennité des fonds d’assurance santé. Toutefois, elle a fortement critiqué la méthode adoptée par le ministère, qualifiant les séances de consultation de « formelles », et a indiqué qu’elle a été écartée du dialogue, ignorant ainsi la voix d’environ 14 000 pharmaciens.
L’organisme professionnel a mis en garde contre le fait que le nouveau décret ne résoudra pas les dysfonctionnements structurels engendrés par le décret de 2013, mais aggravera plutôt plusieurs problèmes, notamment la poursuite de l’interruption et du retrait des médicaments peu chers du marché national, l’affaiblissement de l’industrie pharmaceutique marocaine et le renforcement de la dépendance à l’importation, sans oublier l’impact limité sur la réduction des prix des médicaments coûteux, au profit de ce qu’elle considère comme un bénéfice accru pour certains laboratoires et fonds d’assurance.
La confédération a également alerté sur le fait que le projet accroît la précarité des pharmacies marocaines, en l’absence de toute mesure parallèle pour mettre en œuvre les recommandations du Conseil de la concurrence, qui appelle à permettre aux pharmacies de proposer de nouveaux services de santé garantissant leur durabilité et réduisant leur dépendance à la marge bénéficiaire liée à la vente de médicaments.
Elle a estimé que la manière dont ce dossier a été géré reflète un manque de bonne gouvernance et de vision globale, soulevant des questions sur le primat des considérations politiques liées au contexte électoral au détriment de l’intérêt national et du dialogue institutionnel responsable.
En évaluant les résultats du ministère de la Santé et de la Protection sociale, la confédération a qualifié les résultats de la réforme du secteur des pharmacies de « décevants », affirmant qu’aucune des réformes structurelles attendues n’a vu le jour, malgré la multitude de réunions, de mémorandums et de courriers adressés aux autorités gouvernementales.
La confédération a tenu le gouvernement et le ministère de la Santé pleinement responsables sur les plans politique et administratif des éventuelles retombées de ce décret sur la sécurité sanitaire nationale et la stabilité du secteur des pharmacies, indiquant qu’environ 50 % des pharmacies marocaines se trouvent dans une situation économique difficile, selon des données précédemment fournies par le Conseil de la concurrence.
En conclusion de son communiqué, la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc a réitéré son engagement à défendre le droit des citoyens à accéder à des médicaments disponibles à des prix raisonnables, ainsi qu’à promouvoir une pharmacie nationale solide et une industrie pharmaceutique marocaine capable de renforcer la souveraineté sanitaire, tout en affirmant la poursuite de diverses initiatives militantes et institutionnelles pour demander la révision du décret dans le cadre d’un dialogue sérieux et responsable.




