Santé

Le Observatoire marocain de la protection des consommateurs scrute le contrat d’acquisition du système de chirurgie robotique pour un montant de 39,6 millions de dirhams sous l’angle de la gouvernance financière.

Le Observatoire marocain de protection des consommateurs appelle à une plus grande transparence et à la protection des deniers publics, tout en garantissant un accès à des soins à coût raisonnable pour les citoyens.

L’Observatoire marocain de protection des consommateurs a placé la transaction d’acquisition d’un système de chirurgie robotique multi-spécialités pour le nouvel hôpital du Centre hospitalier universitaire Ibn Sina à Rabat, d’une valeur estimée à environ 39,6 millions de dirhams, sous le viseur de la gouvernance financière.

Dans un rapport publié aujourd’hui, lundi 9 mars 2026, l’Observatoire considère que l’introduction de la technologie de chirurgie robotique est une avancée majeure dans la modernisation du système de santé nationale, grâce à la précision chirurgicale élevée qu’elle offre, à sa capacité à réduire les saignements, à raccourcir la durée d’hospitalisation et à accélérer la guérison des patients. Cependant, il insiste sur la nécessité de respecter rigoureusement les principes de concurrence et de rationalisation des dépenses publiques afin d’assurer un bénéfice réel pour le citoyen.

Le coût réel du système

Le coût total du système de chirurgie robotique sur dix ans, en tenant compte du prix d’achat, de la maintenance annuelle, des instruments chirurgicaux consommables et de la formation médicale, se chiffre entre 70 et 90 millions de dirhams. Chaque utilisation du robot entraîne un coût additionnel de 10 000 à 30 000 dirhams par opération, ce qui pourrait augmenter la pression sur le budget des hôpitaux et la couverture santé obligatoire, faisant du citoyen marocain le véritable financeur de ces investissements à travers les fonds publics, les impôts et l’assurance santé.

Défis de la concurrence et de la transparence

L’Observatoire souligne que certaines spécifications techniques figurant dans le cahier des charges pourraient coïncider avec un système robotique américain précis, pouvant ainsi réduire le champ de la concurrence et limiter la marge de négociation financière de l’État. Cela requiert de vérifier le respect des dispositions du décret n° 2.22.431 concernant les marchés publics, afin d’assurer une concurrence libre, l’égalité des chances et la rationalisation des dépenses.

Rôle du contrôle et des institutions

L’Observatoire insiste sur l’importance du contrôle parlementaire et institutionnel, à travers :

  • La Cour des comptes pour surveiller les deniers publics,
  • L’Autorité nationale de la transparence et de la lutte contre la corruption pour renforcer la transparence,
  • Le Conseil de la concurrence pour garantir le respect des règles de concurrence,
  • Et les organes de contrôle relevant du ministère de la Santé.

Recommandations de l’observatoire

  • Adopter des cahiers des charges ouverts aux différents systèmes disponibles à l’international,
  • Publier des études comparatives avant de prendre une décision d’achat,
  • Adopter une approche de coût total de possession (Total Cost of Ownership),
  • Établir une carte nationale de répartition des systèmes de chirurgie robotique,
  • Évaluer régulièrement la rentabilité médicale et économique.

Conclusion

L’Observatoire marocain de protection des consommateurs réaffirme que l’introduction de technologies médicales avancées est bienvenue, mais qu’elle doit être accompagnée de transparence, d’une concurrence équitable, d’une bonne gouvernance et de la rationalisation des deniers publics, afin d’assurer un accès équitable aux technologies médicales et d’améliorer réellement la qualité des soins pour le citoyen marocain.

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