Casablanca accueille les « Journées Blanches de l’Arbitrage » pour sa neuvième édition, célébrant dix ans de mise en place des mécanismes de règlement des conflits.

La capitale économique accueille la neuvième édition des “Journées de Casablanca sur l’arbitrage”, organisées par le Centre international de médiation et d’arbitrage de Casablanca (24-25 avril), avec pour objectif de discuter des divers aspects des mécanismes alternatifs de résolution des conflits.
Cet événement, dont les activités ont débuté hier vendredi, constitue une occasion de célébrer le dixième anniversaire de la création du centre, établi en 2016 à l’initiative de l’Autorité du pôle financier de Casablanca.
Dans ce contexte, le secrétaire général du centre, Hicham Zkri, a accordé un entretien à l’Agence Marocaine de Presse, mettant en lumière les caractéristiques de cette édition, tout en passant en revue le bilan des dix années d’activité du centre, et en soulignant les moyens d’améliorer les méthodes de résolution alternative des conflits au Maroc.
1 – Quelles sont les caractéristiques qui distinguent la neuvième édition des Journées de Casablanca sur l’arbitrage ?
La neuvième édition de cet événement a un caractère exceptionnel, car elle coïncide avec le dixième anniversaire de la création du centre, ce qui permet de mettre en avant les acquis réalisés par le Maroc dans le domaine de l’arbitrage et des mécanismes alternatifs de résolution des conflits en général.
Cette occasion offre une chance d’évaluer les réalisations du centre et de se concentrer sur ce qui doit être accompli dans les années à venir. Le point positif est que de nombreux partenaires étrangers nous font confiance, et que des arbitres et médiateurs de renom dans ce domaine à l’échelle internationale font partie de la cour d’arbitrage ou de médiation du centre.
Nous avons également déployé un effort considérable dans le domaine de la formation, englobant les arbitres, médiateurs, avocats et juges, afin de construire un système intégré et efficace, visant à faire de Casablanca un espace d’arbitrage international.
Il est crucial pour tout centre d’arbitrage ou de médiation de bénéficier de la confiance des hommes d’affaires dans les méthodes de résolution alternative des conflits ; cependant, il est tout aussi important de disposer de praticiens formés et compétents, d’autant plus que l’arbitrage exige une profonde connaissance des procédures juridiques et de la pratique de cette spécialité.
Ainsi, en marge de l’inauguration de cette édition, une lettre d’intente a été signée entre le Centre international de médiation et d’arbitrage de Casablanca et l’Académie internationale de résolution des conflits de Singapour, dans le but de renforcer les mécanismes alternatifs de résolution des conflits à l’échelle internationale.
À cet égard, nous réaffirmons notre engagement à poursuivre la formation, notamment face à l’augmentation des dossiers d’arbitrage complexes. En effet, les grands projets en cours au Maroc dans des secteurs tels que l’énergie, les infrastructures et l’eau, ainsi que les réseaux de relations complexes liés au financement et aux aspects techniques, peuvent entraîner des conflits potentiels.
2 – Quel est le bilan et l’activité du centre depuis sa création ?
Au cours des années écoulées, nous avons constaté une augmentation significative des dossiers soumis au centre, dont l’activité ne se limite pas à la sphère financière de Casablanca ou aux entreprises présentes au Maroc, mais s’étend également aux entreprises publiques et privées étrangères. L’année dernière, nous avons reçu sept nouveaux dossiers, dont un d’une grande importance déposé par des parties étrangères. Il convient également de noter que les deux tiers de nos membres sont des arbitres internationaux de renom, issus de divers horizons.
Nous avons organisé de nombreuses sessions de formation pour les juristes, juges, avocats et arbitres, et nous continuerons à lancer des initiatives similaires.
En ce qui concerne les partenariats internationaux, en plus de la lettre d’intente signée avec l’Académie internationale de Singapour, nous sommes partenaires du Centre international pour le règlement des différends d’investissement, qui dépend du Groupe de la Banque mondiale, renforçant ainsi la confiance des investisseurs étrangers.
Nous veillons à promouvoir l’arbitrage international par le biais du Centre international de médiation et d’arbitrage de Casablanca ainsi que par le Centre international pour le règlement des différends d’investissement.
D’autre part, nous avons enregistré une hausse du recours au Centre international de médiation et d’arbitrage de Casablanca, ayant accueilli l’an dernier nos premiers dossiers de médiation, ce qui témoigne d’un intérêt croissant pour cette méthode alternative de résolution des conflits, moins complexe que l’arbitrage.
Nous sommes fiers des réalisations accomplies au cours de la dernière décennie, mais de nombreux défis restent à relever, notamment la création d’un système intégré autour du Centre international de médiation et d’arbitrage de Casablanca, incluant tous les acteurs, des praticiens aux arbitres, avocats et juges.
3 – Quelles sont les mesures à prendre pour renforcer le recours aux méthodes de résolution alternative des conflits au Maroc ?
Les mécanismes de résolution alternative des conflits jouent un rôle clé dans la rassurance des investisseurs étrangers et la conquête de leur confiance. Depuis son indépendance, le Maroc a veillé à s’engager dans divers mécanismes internationaux d’arbitrage, ce qui constitue un pilier essentiel pour améliorer le climat des affaires et renforcer l’attractivité économique du pays.
L’arbitrage est indispensable pour garantir la sécurité juridique des investisseurs et des entreprises, ce qui nécessite que les différentes parties concernées dans notre pays (secteur public et justice officielle veillant au respect de la procédure d’arbitrage) accompagnent cette dynamique.
Cette tâche exige patience et persévérance. Sensibiliser les entreprises aux avantages des méthodes de résolution alternative des conflits n’est pas toujours simple, et requiert une simplification minutieuse et une écoute attentive. Les coûts de l’arbitrage restent abordables pour les entreprises, en particulier pour les petites et moyennes, car ces mécanismes ne sont pas réservés aux grandes entreprises, mais s’adressent avant tout aux très petites et petites entreprises.




