International

Polémiques juridiques après l’exécution de 100 peines de mort en Arabie saoudite avant la mi-2026

Les autorités saoudiennes ont exécuté sept personnes mardi, dont cinq pour des affaires liées à la drogue, selon les médias officiels, ce qui porte à 100 le nombre d’exécutions réalisées depuis le début de l’année, selon un recensement de l’Agence France-Presse basé sur les données officielles du ministère de l’Intérieur.

Amnesty International a qualifié dans un communiqué l’atteinte de ces cent exécutions avant la moitié de l’année de « moment sombre révélant l’usage illégal et contraire à la conscience de la peine de mort par les autorités ».

L’Agence de presse saoudienne (SPA) a rapporté mardi que « la peine de mort a été exécutée (pour cinq accusés) de nationalité éthiopienne » dans la région d’Asir au sud du pays, après leur condamnation pour « participation à la contrebande de haschisch vers le royaume ».

Elle a également annoncé par la suite l’exécution de « Saoudiens condamnés pour le meurtre d’un Saoudien » à Najran, dans le sud du pays.

Le nombre d’exécutions en Arabie saoudite depuis le début de l’année 2026 atteint donc 100, dont 65 pour des crimes liés aux drogues.

En 2025, les exécutions dans le royaume ont atteint un niveau record pour la deuxième année consécutive, avec les autorités ayant appliqué la peine à 356 personnes, dont 243 dans des affaires liées à la drogue.

C’est le plus grand nombre d’exécutions dans une seule année depuis que Amnesty International a commencé à documenter les condamnations à mort dans le royaume en 1990. Le précédent record était de 338 en 2024, dont 117 pour des affaires liées aux drogues.

Des experts de l’Agence France-Presse ont indiqué que l’augmentation significative du nombre d’exécutions est liée à une « guerre contre les drogues » lancée par les autorités saoudiennes en 2023, dans le cadre de la lutte contre la hausse de la consommation de captagon, un type de méthamphétamine, dans le royaume, considéré comme l’un des plus grands marchés de cette substance au Moyen-Orient, selon les Nations Unies.

Ils ont noté que de nombreux arrêtés au cours de cette campagne sont désormais exécutés après avoir épuisé les voies de recours et avoir été condamnés.

La mise en œuvre des peines de mort pour des délits liés aux drogues a repris à la fin de l’année 2022, après une suspension de près de trois ans.

L’Arabie saoudite se classe au troisième rang des pays ayant le plus exécuté de condamnations à mort au cours des quatre dernières années (2022-2025), derrière la Chine et l’Iran, selon Amnesty International.

Des organisations défendant les droits de l’homme affirment que ces exécutions sapent les efforts du royaume pour moderniser son image.

Cependant, les autorités saoudiennes assurent qu’elles appliquent les peines après que les accusés ont épuisé tous les recours judiciaires, soulignant leur engagement à « maintenir la sécurité » et à protéger la population face à l’ « fléau des drogues ».

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page