Vingt prisonniers décédés en Tunisie pendant la vague de chaleur.

Le président de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme a annoncé jeudi que vingt prisonniers ont perdu la vie en Tunisie au cours des dernières semaines, alors qu’une vague de chaleur extrême a aggravé des conditions de détention déjà difficiles.
Bassem Tprifi a déclaré à la radio privée « Express FM » qu’il a « documenté 20 cas de décès » dans les prisons jusqu’à la fin août, précisant que ces données proviennent de médecins, d’avocats et de familles de détenus.
La Tunisie a connu un été étouffant, avec des températures dépassant les moyennes saisonnières, coïncidant avec des coupures d’eau et d’électricité, ainsi qu’une pénurie d’eau minérale en bouteille.
Tprifi a souligné que les conditions dans les prisons sont déjà très dures en temps normal, mais que des chaleurs dépassant parfois 45 degrés font que ces conditions « s’apparentent à de la torture », mentionnant le manque de ventilation et le surpeuplement.
Les autorités n’ont pas encore fourni de chiffres officiels sur les décès liés à la chaleur, et l’administration pénitentiaire a renvoyé les demandes d’information de l’Agence France-Presse au ministère de la Justice.
Dans ce contexte, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins a appelé samedi à déclarer l’état d’urgence sanitaire face à l’augmentation des cas signalés de coups de chaleur.
Henda Chabi, responsable au ministère de la Santé, a récemment déclaré qu’aucun décès dû à la chaleur ne serait déclaré sans en avoir la certitude, en se basant sur des indicateurs scientifiques et des preuves médico-légales.
Le bureau de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme à Kairouan (centre) a annoncé lundi le décès d’un prisonnier de 50 ans, indiquant que ce dernier avait subi un AVC en raison de la chaleur extrême.
Dans une déclaration à l’Agence France-Presse, un avocat qui a souhaité garder l’anonymat a rapporté qu’un autre détenu est mort vendredi dernier à la prison de Mornag sur la route de Tunis, après avoir été victime de « suffocation » à cause de la chaleur.
Des organisations non gouvernementales et des avocats critiquent souvent les conditions de détention en Tunisie, notamment pour ce qui est des opposants politiques incarcérés.
Parmi eux, l’activiste de gauche aguerri Ahmed Nejib Chebbi (82 ans) et le leader du parti islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi (85 ans), ont vu des avertissements de leurs proches concernant leur état de santé se multiplier.




