Société

Après le débat de Marrakech : des appels à criminaliser l’incitation à la discrimination religieuse.

La Coordination des Marocains chrétiens a publié un communiqué dans lequel elle exprime son inquiétude face à ce qu’elle qualifie de montée des « tendances excluantes », à la suite du débat suscité par la célébration de rites religieux par des citoyens marocains de confession juive près de Bab Dkhla à Marrakech.

La coordination estime que les réactions qui ont suivi cet événement révèlent, en partie, la propagation d’un discours radical cherchant à “monopoliser la religion et l’identité”. Elle attribue aux « courants de l’islam politique » la responsabilité de l’instrumentalisation de la religion dans les conflits sociaux et de la diffusion de la haine envers ceux qui diffèrent dans leurs croyances.

Le communiqué affirme l’attachement de la coordination à l’institution de l’Imarat des croyants, sous la conduite du roi Mohammed VI, la considérant comme un « garde-fou » protégeant la diversité religieuse et empêchant l’instrumentalisation de la religion à des fins idéologiques. Il insiste sur le fait que cette institution garantit l’unité des Marocains, quel que soit leur credo.

La même source rappelle que le Maroc a accumulé, au cours de son histoire, un modèle de coexistence entre musulmans, juifs et chrétiens. Cependant, certaines discours actuels, selon le communiqué, cherchent à imposer une vision religieuse unilatérale qui contredit l’esprit de la Constitution de 2011 et les engagements internationaux du royaume.

Dans ce contexte, la coordination souligne que les Juifs et chrétiens marocains sont des « citoyens à part entière », rejetant toute forme de tutelle ou de remise en question de leur nationalité, tout en dénonçant tout discours criminalisant l’exercice des rites religieux ou considérant la pluralité comme une menace.

Elle appelle à pénaliser les discours de haine et d’incitation contre les minorités religieuses, considérant que le silence sur ces pratiques constitue un « complicité indirecte ». Elle exige également la mise en œuvre des garanties constitutionnelles liées à la liberté de croyance et à l’égalité.

En conclusion de son communiqué, la coordination renouvelle son appel à promouvoir les valeurs de citoyenneté et de coexistence, tout en s’opposant à toutes les formes de radicalisme, affirmant que « le Maroc est vaste pour tous et que la liberté religieuse fait intégralement partie de la dignité du citoyen ».

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page