Les organisations de la presse et de l’édition montent au créneau contre le gouvernement et rejettent « toute agenda électorale sur mesure ».

Les organisations professionnelles et syndicales du secteur de la presse et de l’édition ont exprimé leur refus catégorique de ce qu’elles qualifient de « toute agenda électoral préparé et ajusté à des intérêts politiques et personnels étroits ». Elles considèrent que la mise en œuvre de la nouvelle loi régissant le Conseil national de la presse et la nomination d’un comité temporaire pour sa gestion représentent un recul par rapport au principe d’autogestion de la profession.
Dans un communiqué commun, les organisations ont exprimé leur inquiétude et leur mécontentement face aux developments concernant l’application de la loi relative à la réorganisation du Conseil national de la presse, affirmant que la manière dont le comité temporaire a été nommé démontre l’insistance du gouvernement à imposer un « fait accompli » en dehors de la volonté libre des organisations professionnelles et syndicales, ce qui porte atteinte à l’indépendance du secteur et consacre une logique d’exclusion et de contrôle.
Ces organisations ont réitéré leur rejet de la loi n° 09.26, précisant qu’elle a suscité de vives critiques de la part de partis politiques, de centrales syndicales, d’organisations de défense des droits humains, ainsi que d’institutions nationales et internationales. Selon elles, la nomination du comité temporaire constitue une nouvelle étape visant à marginaliser les organisations professionnelles et à les écarter de la gestion des affaires de la profession.
Le communiqué a aussi critiqué le système électoral proposé pour le Conseil national de la presse, estimant qu’il consacre la domination des grandes entreprises médiatiques en se basant sur des critères liés au chiffre d’affaires et au nombre d’employés, tout en excluant les petites et moyennes entreprises médias, de plus, il limite le rôle des syndicats en optant pour un vote individuel plutôt que pour des listes syndicales.
Les organisations ont assuré que le comité temporaire ne sera pas en mesure de renforcer l’indépendance de la profession tant qu’il agira selon une loi rejetée par une large majorité du corps journalistique. Elles ont appelé, en revanche, à l’ouverture d’un dialogue responsable garantissant les conditions d’organisation d’élections démocratiques et transparentes pour le Conseil national de la presse.
Elles ont également annoncé qu’elles entameront, dans les prochaines étapes, une série d’actions de lutte et de positions sur le terrain en faveur de l’indépendance de la profession et du principe d’autogestion, tenant pour responsables les acteurs à l’origine de cette orientation des tensions potentielles au sein du secteur.
En conclusion de leur communiqué, les organisations ont appelé les journalistes, les éditrices et éditeurs, ainsi que diverses forces démocratiques et de défense des droits, à se rassembler pour défendre l’indépendance de la profession et à œuvrer pour un Conseil national de la presse élu démocratiquement, reflétant la volonté libre des professionnels.




