Santé

Nouveau décret obligeant les médecins résidents à effectuer trois années de service dans le secteur public après leur spécialisation

Un décret gouvernemental récent est entré en vigueur au Maroc, imposant aux médecins résidents civils de travailler pendant trois ans dans des établissements de santé publics ou des structures dépendant du ministère de la Santé et de la Protection sociale, immédiatement après l’obtention de leur diplôme de spécialisation. Cette mesure s’inscrit dans les efforts de l’État pour faire face à la grave pénurie de ressources humaines dans le secteur de la santé, particulièrement dans les zones rurales et éloignées.

Cet dispositif fait partie d’un projet de réforme du système de santé national, sur lequel le gouvernement mise pour renforcer la couverture sanitaire et améliorer l’accès des citoyens aux services médicaux, dans un contexte où la migration des médecins vers le secteur privé ou l’étranger continue.

Selon les données en circulation, le nouveau décret a réduit la durée d’engagement antérieure de huit à trois ans pour les nouvelles promotions, dans un effort de trouver un équilibre entre l’incitation des médecins et la garantie de la continuité des services de santé publique.

Le décret précise qu’un médecin résident, après avoir terminé sa formation spécialisée, est tenu de passer au moins trois ans à travailler dans des hôpitaux publics ou des établissements de santé de l’État, avec la possibilité de répartir les professionnels selon les besoins des régions et des provinces éprouvant une pénurie de personnel médical.

Il interdit également aux médecins concernés de quitter le secteur public ou de rejoindre immédiatement le secteur privé sans obtenir une autorisation expresse de l’administration compétente.

Des données du ministère de la Santé révèlent que le Maroc souffre d’une pénurie significative d médecins, avec un ratio d’environ 7 médecins pour 10 000 habitants, un chiffre qui reste loin de la moyenne recommandée par l’Organisation mondiale de la santé, fixée à 23 médecins et infirmiers pour 10 000 habitants, afin d’assurer un minimum de couverture sanitaire.

De nombreuses régions, en particulier rurales, connaissent un manque crucial de médecins spécialistes, ce qui engendre une pression accrue sur les hôpitaux universitaires et les grands centres hospitaliers.

Des rapports professionnels indiquent qu’un nombre croissant de jeunes médecins choisissent de migrer à l’étranger ou de rejoindre le secteur privé en raison des conditions de travail, des salaires et des équipements médicaux.

Ce décret fait partie d’une série de réformes que le gouvernement a mises en œuvre ces dernières années, notamment l’augmentation des salaires des professionnels de la santé, avec des hausses atteignant 3 800 dirhams par mois pour les médecins depuis 2022, ainsi qu’une révision des statuts des professionnels du secteur de la santé.

Récemment, le Conseil des ministres a également approuvé le projet de décret n° 2.26.342 concernant la situation des étudiants des facultés de médecine, de pharmacie et de dentisterie, ainsi que des internes et résidents, dans le cadre de la réorganisation des parcours de formation et de supervision au sein des nouvelles unités de santé territoriales.

Cependant, cette décision a suscité un large débat au sein des milieux médicaux et étudiants, certains la considérant comme une étape nécessaire pour garantir l’équité en matière de santé et réduire les inégalités régionales, tandis que d’autres estiment que l’obligation seule ne suffira pas sans l’amélioration des conditions de travail dans les hôpitaux publics et sans fournir les équipements et incitations nécessaires pour retenir les talents médicaux.

Les observateurs estiment que le succès de cette initiative dépendra de la capacité de l’État à établir un équilibre entre le droit des citoyens à des soins et le droit des médecins à des conditions professionnelles adéquates et à des perspectives d’emploi stables, surtout face à la concurrence croissante exercée par des systèmes de santé étrangers qui attirent chaque année les médecins marocains.

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