De New York à Madrid… Washington a-t-elle engagé la phase de mise en œuvre forcée de la solution politique au Sahara marocain ?

Le choix de la capitale espagnole, Madrid, pour accueillir les consultations multilatérales sur le Sahara marocain n’est pas le fruit d’un hasard protocolaire, mais bien une déclaration explicite sur le transfert du dossier des couloirs des Nations Unies à New York vers un « terrain d’exécution » sur le sol, qui détient les clés de l’histoire et de la géographie du conflit. Aujourd’hui, sous l’impulsion directe de Washington, les contours de l’application de la résolution onusienne n° 2797 (2025) commencent à se dessiner derrière des portes closes.
Washington… de « l’observateur » à « l’architecte »
La nouveauté dans l’annonce de la mission américaine ne réside pas seulement dans la tenue de la réunion, mais dans le discours de « facilitation » et de participation directe. Les États-Unis ne se contentent plus de soutenir les efforts de l’envoyé personnel, Stefan De Mistura, mais deviennent un « partenaire de terrain » à la table de Madrid réunissant le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario.
Ce mouvement souligne que Washington a décidé de mettre son poids diplomatique pour imposer le « réalisme et le pragmatisme » prévus par la résolution 2797, ce qui revêt une signification diplomatique que l’on peut résumer par le fait de dépasser les propositions obsolètes et de se concentrer sur l’initiative d’autonomie comme seule base solide de négociation.
Pourquoi Madrid ? Pourquoi maintenant ?
Cette réunion intervient dans un contexte géopolitique sensible ; l’Espagne, qui a reconnu la marocanité du Sahara, devient aujourd’hui une « plateforme d’accueil » pour la solution. La participation de délégations de haut niveau des Nations Unies et de Washington à Madrid reflète un désir international de mettre fin à la « situation de stagnation » et de transformer les accords sur papier du Conseil de sécurité en une « feuille de route » tangible.
Les informations qui ont fuité indiquent que les consultations ne se concentrent pas sur la question « Y a-t-il une solution ? » mais sur « Comment commence la solution ? ». L’accent mis par les États-Unis sur la résolution 2797 place les autres parties devant leurs responsabilités historiques : soit s’engager dans une solution réaliste, soit faire face à une isolation diplomatique croissante dans un contexte de reconnaissance internationale de la marocanité du Sahara.
Le défi à venir
Tandis que le Maroc continue de renforcer sa souveraineté sur le territoire et d’établir d’énormes partenariats économiques dans les régions du sud, les consultations de Madrid apparaissent comme « le dernier examen » du parcours politique avant de passer à des étapes plus déterminantes.
Washington, à travers « X », n’a pas simplement diffusé une nouvelle ordinaire, mais a adressé un message d’apaisement à Rabat et une pression douce sur les autres parties : le train de la résolution 2797 est en marche, et sa prochaine station est celle du « consensus réaliste ».



